Un Français de plus de cinquante ans sur deux a été victime d’une crise hémorroïdaire cette année. Alors plus question d’en faire un tabou ! Bien que bénignes dans la majorité des cas, les hémorroïdes peuvent être très douloureuses et altérer la qualité de vie. Beaucoup préfèrent se soigner discrètement avec des pommades ou attendre que cela passe, mais il existe des solutions naturelles et efficaces pour soulager les hémorroïdes et prévenir leur apparition.
Hémorroïdes : définition et fonctionnement
Tout le monde possède des hémorroïdes, qui sont en réalité des structures veineuses situées dans la paroi de l’anus. Elles jouent un rôle physiologique essentiel : elles participent à la continence anale, c’est-à-dire la capacité à retenir les selles et les gaz de manière volontaire.

Les hémorroïdes fonctionnent comme de petits coussins vasculaires : en se gorgeant de sang, elles créent une étanchéité fine de l’anus et renforcent le contrôle du sphincter anal. Grâce à ce mécanisme, le passage des selles est maîtrisé et les fuites sont évitées.
Le problème survient lorsqu’elles se dilatent de manière excessive et s’enflamment. On distingue :
- Les hémorroïdes internes, situées à l’intérieur du canal anal, généralement indolores mais sources de saignements.
- Les hémorroïdes externes, visibles sous la peau autour de l’anus, souvent douloureuses, surtout si un caillot sanguin se forme (thrombose hémorroïdaire).
Les causes fréquentes des hémorroïdes
Les facteurs de risque sont multiples, et souvent liés à l’hygiène de vie :
- Constipation chronique et efforts de poussée répétés.
- Sédentarité ou station assise prolongée (travail de bureau, longs trajets).
- Grossesse : l’utérus exerce une pression sur les veines abdominales.
- Alimentation pauvre en fibres favorisant les selles dures.
- Consommation excessive d’alcool, de café, de tabac et de plats épicés, qui irritent et accentuent la dilatation veineuse.
- Manque d’hydratation : des selles trop sèches accentuent la douleur.
- Pratique du vélo ou activités générant une pression sur la zone anale.
Symptômes caractéristiques
Les symptômes hémorroïdaires varient selon le type et la gravité :
- démangeaisons et irritations,
- douleurs lors de la défécation,
- sensation de brûlure autour de l’anus,
- saignements rouges vifs pendant ou après les selles,
- impression de pesanteur ou de gonflement.
Ces signes doivent inciter à adapter ses habitudes, car un bon transit intestinal reste la première prévention.
Solutions naturelles pour soulager les hémorroïdes
Réguler le transit avec les fibres
Un apport suffisant en fibres (30 g par jour) aide à obtenir des selles souples et régulières. On en trouve dans :
- les fruits et légumes frais,
- les légumineuses (lentilles, pois chiches),
- les céréales complètes,
- les graines comme le lin ou le psyllium blond.

Le psyllium blond est particulièrement intéressant car il forme un gel doux dans l’intestin, facilitant l’évacuation des selles.
L’Ayurvéda et le Triphala
En médecine ayurvédique (médecine traditionnelle indienne), le Triphala est un mélange de trois fruits (Amalaki, Bibhitaki, Haritaki). Il est réputé pour améliorer la digestion, réguler le transit et soutenir la détoxification naturelle du corps. Son action douce évite les effets irritants de certains laxatifs chimiques.
Plantes veinotoniques
Certaines plantes améliorent la circulation sanguine et réduisent la congestion veineuse :
- Petit houx (Fragon) : riche en ruscogénine, vasoconstricteur naturel.
- Ginkgo biloba : favorise la microcirculation et réduit l’inflammation.
- Vigne rouge : ses polyphénols tonifient les veines et limitent les saignements.
- Marron d’Inde : grâce à l’aescine, il diminue l’œdème et la perméabilité veineuse.
Hygiène et habitudes préventives
Une bonne hydratation

Boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour permet d’éviter la déshydratation et donc les selles trop sèches. Le thé vert et certaines tisanes veinotoniques (hamamélis, vigne rouge) peuvent aussi soutenir la circulation.
Une position physiologique aux toilettes
Surélever légèrement les pieds avec un petit tabouret permet d’adopter une position accroupie, plus naturelle pour l’évacuation des selles, réduisant ainsi la pression sur les hémorroïdes.
Hygiène intime adaptée
- Éviter les savons agressifs, préférer des soins doux à base d’amande douce ou d’aloé vera.
- Après les selles, privilégier un nettoyage à l’eau claire ou avec des lingettes sans alcool.
Bains de siège
En cas de crise, pratiquer des bains de siège froids pendant quelques minutes apaise la douleur et réduit l’inflammation. Une infusion de vigne rouge et d’hamamélis ajoutée à l’eau accentue l’effet décongestionnant.
Types de traitements disponibles
Même si les remèdes naturels soulagent efficacement, certains cas nécessitent des traitements complémentaires.
- Crèmes et suppositoires : souvent à base de corticoïdes ou d’anesthésiques locaux pour calmer l’inflammation et la douleur.
- Phlébotoniques : médicaments améliorant le tonus veineux, parfois prescrits en cures.
- Ligature élastique : intervention indolore pratiquée par un gastro-entérologue, qui consiste à poser un anneau élastique à la base de l’hémorroïde interne pour la faire disparaître.
- Chirurgie hémorroïdaire : réservée aux cas sévères ou récidivants, elle consiste à retirer les hémorroïdes.
Ces traitements doivent être évalués avec un médecin pour éviter les récidives et assurer une prise en charge adaptée.
Prévention à long terme
La prévention repose sur un mode de vie équilibré :
- pratiquer une activité physique régulière (marche, yoga, natation),
- éviter les longues stations assises, surtout sur des sièges durs,
- gérer son poids, car le surpoids exerce une pression sur les veines abdominales,
- respecter un rythme régulier pour aller aux toilettes, sans attendre trop longtemps,
- limiter le port de charges lourdes qui augmente la pression intra-abdominale.
À long terme, ces mesures simples réduisent significativement le risque de récidive.

Impact psychologique et social
Les hémorroïdes, bien qu’étant une affection bénigne, ont un impact psychologique important. La douleur chronique, la gêne lors des déplacements ou encore la peur d’aller aux toilettes peuvent entraîner du stress et une baisse de moral. Certaines personnes évitent même les activités sociales par honte ou inconfort.
Briser le tabou et en parler à un professionnel de santé est essentiel. Une prise en charge précoce permet d’éviter l’aggravation et d’améliorer la qualité de vie.
Quand consulter un médecin ?
Même si les hémorroïdes sont le plus souvent bénignes, il est recommandé de consulter si :
- les saignements persistent ou sont abondants,
- la douleur est intense et ne cède pas aux remèdes naturels,
- une boule douloureuse apparaît autour de l’anus (thrombose),
- les symptômes se répètent fréquemment.

Le médecin pourra confirmer le diagnostic, écarter d’autres pathologies (fissures, polypes, maladies inflammatoires, cancer colorectal) et proposer un traitement adapté.
Conclusion
Les hémorroïdes touchent une large partie de la population et restent souvent un sujet tabou. Pourtant, avec une bonne hygiène de vie, une alimentation adaptée et le recours aux plantes veinotoniques, il est possible de soulager naturellement les crises et de prévenir leur récidive. En cas de symptômes persistants, une consultation médicale reste indispensable pour éviter toute complication.
